05/12/2014

2007/2014


 Avril 2007

Voilà 17 ans que nous partageons le même enfant.
Vous, vous lui avez donné la vie .
J' ai essayé de lui  donner  le reste.

Cet enfant, que vous n'aviez pas voulu, vous n' avez  pas essayé de l'aimer. Derrière ce bébé joufflu, il y avait tant de souffrances, tant de haine, tant de choses que vous vouliez oublier !
Un jour, vous me l'avez amené : « C ''est impossible.  Il sera  sans doute mieux ici ».
L'assistante sociale qui vous accompagnait portait un sac avec quelques vêtements et vous êtes partie, sans un regard pour lui, en me disant « C'est pour son bien ».
 L'amour, ça ne se commande pas !
Et il s'est habitué . A nous, aux autres enfants. Il a appris à s'asseoir, à jouer ... Le plus difficile fut de lui apprendre la tendresse: il en avait tellement peur.
 
Régulièrement au début, occasionnellement par la suite, vous preniez de ses nouvelles. Votre vie changeait mais n'était pas plus facile.
Pendant vos périodes de silence, il arrivait à vous mettre en veilleuse. Il m'appelait maman. Il nous aimait.
A sa façon. Parfois si difficile à comprendre.

La souffrance renaissait sur un coup de fil, une promesse mendiée, rarement accordée «  Tu viendras me dire bonjour? »
«  Peut-être, si j'ai le temps, si j'ai de l'argent. De toute façon, tu as tout ce qu'il te faut » C'est vrai, il avait ce qu'il lui fallait. Sauf votre amour.
Moi, je ne savais lui donner que le mien. J'ai cru tout un temps qu'il acceptait . 

Les années passent vite !
Au hasard d'une rencontre, vous êtes rentrée dans sa vie. L'adolescence est un terrain de combat, et vous êtes devenue, sans le savoir, sans le vouloir, la référence de nos  batailles. Je ne savais pas comprendre son désir de liberté, d'argent... je ne savais parler que de contraintes...forcément... je n'étais pas sa mère.

J'ai pris contact avec vous  pour vous dire  son besoin de vous . Vous ne l'avez jamais leurré; sa vie ne faisait pas partie de la vôtre.
 
Un lundi, malgré votre refus, il est parti chez vous.
Il a jeté quelques vêtements dans un sac «  Je ne saurais dire au revoir à personne, j'ai de la peine pour vous » Il est sorti sans un regard pour moi.
 
Il vous donnait une seconde chance.

Huit  ans plus tard ...

Peut-être aurez-vous  une troisième  chance, je vous le souhaite  ...  en attendant, trois petits garçons m'appellent  Nanou.

 

19:33 Écrit par May dans Perso | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

J'espère avoir bien compris: il est revenu... Oh quelle histoire d'amour difficile, pour tout le monde... Que l'amour est difficile à allumer quand on lui a refusé les étincelles de départ... et il brûle pourtant.

Trois petites bouches qui disent Nanou, c'est une très belle histoire d'amour!

Écrit par : Edmée De Xhavée | 05/12/2014

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Trois petits garçons vous appellent "Nanou"...
Ils ne peuvent être les enfants de "Filsdecoeur2", Thyméo vient d'arriver...
Quoi qu'il en soit, vous pouvez êtes fière de tout ce que vous avez apporté à ces enfants "perdus".

Écrit par : Mme Chapeau | 05/12/2014

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Thyméo a 3 " grands" frères : l'aîné a 5 ans !!!

Écrit par : May | 06/12/2014

Autant pour moi.
;-)

Écrit par : Mme Chapeau | 06/12/2014

Donc il est revenu et est père à son tour, l'histoire finit très bien, alors c'est vraiment très bien...
Ce n'est pas évident qu'elle finisse bien pour une maman de coeur...

Écrit par : Adrienne | 05/12/2014

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Bonjour,
Que dire, sinon que...

La vie est faite d’étapes.
La plus douce, c’est l’amour,
La plus dure, c’est la séparation,
La plus pénible, c’est les adieux,
La plus belle, c’est les retrouvailles…

♥ bisous ♥

Écrit par : Rafaël | 06/12/2014

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Deux parcours qui se croisent, un fils qui réussit à faire le sien c'est bien là l'essentiel, avec l'amour en prime que l'on choisit de prendre... ou pas
Très joli billet

Écrit par : santoline | 06/12/2014

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je sais qu'un jour ça m'arrivera , une histoire presque pareille , une maman partie au ciel et un papa qui ne se sent pas concerné . c'est triste de gâcher les enfants .

Écrit par : ghislaine | 08/12/2014

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