28/09/2014

Cette année là ...

Très tôt  dans  les heures du jour, j'avais  éveillé ma blondinette  en  lui annonçant  qu'elle  serait   une grande  soeur   dans quelques heures  et  je l'ai confié à  notre voisine  de gauche : il était  temps  pour moi de rejoindre la maternité . 

Heureusement, elle se trouvait   à moins d'un  km de notre logement  et   comme  nous n'avions ni voiture ni  téléphone à  l'époque, j'y  suis  allée à  pied  laissant  mon mari porter la  petite valise. 

Tu  es né vers 9h30 .

Les années  sont passées . Un peu vite  peut-être . Certainement trop vite  oui .  Tu n'as pas  été un enfant  de   tout  repos ; tes  incessantes questions,  ton désir  d'en savoir toujours plus   à tout propos , ton comportement dès les premières  années  de classe  m'ont  souvent  dérouté .  Oh  tu apprenais vite et bien  mais une fois  une matière  assimilée,  tu  estimais  qu'il n'était pas nécessaire  de  le prouver  à répétition  . Je me  souviens  très  bien  du premier  5/10 que tu  m'as ramené :  je   ne comprenais pas puisque  la veille  tu avais  fais correctement   toutes les additions  que  je t'avais proposé. Où était  donc le problème  ?   Tu m'as  simplement   répondu  que  tu les réussissais à chaque fois, que ce n'était pas amusant  de faire  toujours la même  chose  et tu  me tendais, tout  fier,  un dessin  du bocal  du  poisson rouge   posé  sur une étagère de la classe ! 

Tu devais avoir cinq  quand tu as  annoncé  haut  et fort  que , quand   tu serais grand , tu serais dessineur . Et si on te demandait ce  que  tu dessinerais , tu répondais  sans te  démonter  " tout ce  que j'aurai envie".

Dix ans  plus tard  tu n'avais pas changé  d'avis et  ton  père   s'énervait   inutilement   à  essayer  de te convaincre  que  gribouiller  avec de la peinture  n'était pas  un  métier.

A dix-huit, tu  quittais la maison . Tes yeux  étaient bleu  orage ,  les miens  remplis de pluie...

Pendant  deux ans, tu as réinventé  la  bohème  chantée  par Aznavour,  mais la  réalité  était nettement moins  romantique que  la chanson. Pourtant, tu ne  doutais  de rien ,  même pas de l'amour  que tu  partageais avec une jolie  étudiante qui, derrière  un air  raisonnable  de fille  de bonne famille, cachait  des projets d'avenir  aussi  aléatoires  que les tiens .

Et puis ce  coup de fil d'octobre : tu entrais - par  la petite porte - dans   l 'atelier du  plus prestigieux  théâtre  de la capitale. Et  comme je te disais  ma joie  de te voir arrivé  là  où tu voulais, tu  me précisais  en riant que  j 'allais trop vite , que  c 'était juste la première  étape .

Quand tu as compris   les rouages   de ce monde  particulier, tu  as pris  ton autonomie, laissant  ce que ton  père  avait fini  par  accepter  comme  un travail  normal puisque  rétribué  mensuellement.  

Aujourd'hui, la jolie  étudiante  est  toujours  dans  ta vie.  C'est une fille  de plus pour moi depuis  bien  longtemps. Elle aussi  a  suivi sa  voie  loin  de la sage profession  que  ses parents  avaient  souhaité.

Deux enfants  sont   venus trouver leur place  entre  les pinceaux de l'un  et les courts métrages  de l'autre  et  vous  savez encore,  d'un regard ou d'un geste,  faire  croire  à la  St  Valentin. Tu n'es pourtant  pas  devenu  un adulte   installé  et j' apprécie  que  tu sois encore  curieux  des  autres  et  que tes  questions   t'empêchent  de  ronronner  ta réussite . 

Je ne suis   pour  rien  dans la magie  de tes  doigts mais  ton  obstination  est  sans  doute   un  petit  bout  de moi.

Bon anniversaire   mon   fils ! 

 

 

10:41 Écrit par May dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

quel beau et touchant portrait!
félicitations à vous deux, la maman et son fils :-)

Écrit par : Adrienne | 30/09/2014

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